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ANALYSE CRITIQUE de la THEORIE
« OLD BLOODLINES »

 

                        Face à cette « théorie » qui met en danger le sain développement d’une race à faible effectif, nous avons décidé de diffuser le plus largement possible les informations qui permettront  à tous et à chacun de se faire sa propre opinion. Bien sûr, il est facile et valorisant d’affirmer à ses acheteurs que certains barbets actuels descendent d’une souche ancienne datant du 19è siècle ! Mais la vérité historique est toute autre :

                        Le barbet était une race officiellement éteinte en 1939, puis, elle a été reconstruite peu à peu à partir des années ’70. Toutes les lignées de barbets actuelles remontent aux années 1970 ! Le travail accompli par tous les éleveurs est énorme, et il mérite le respect.

 Il est plus difficile de construire le Futur que de s’inventer un Passé.

Voir le site officiel de la SCC:
http://www.chiens-online.com/race-barbet-fiche-100.html

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  Petit rappel sur le Standard

Le standard d'une race est la description physique détaillée de ce que devrait être le chien parfait pour chaque race. Cette description  est accompagnée d'une échelle de points pour chaque partie du corps, fourrure ou pelage compris. Un standard sert en exposition, dans les concours canins où des juges notent les caractéristiques physique des animaux présentés en fonction du standard. Ils sont très utiles aux éleveurs qui doivent s'assurer de ne pas reproduire des animaux ayant des particularités considérées comme un défaut pour la race.

Les standards sont rédigés par les associations,  en accord avec les juges et les clubs de race concernés, et ne sont donc pas figés, car les races évoluent constamment. Pour le barbet, les standards reconnus par la FCI  existent depuis 1954, et furent revus en 1965, 1987, 1999 et 2006.

Aujourd’hui, certains éleveurs de barbet se sont regroupés pour produire des chiens correspondant au Standard du barbet d’arrêt de 1894 !  C’est la charte « old bloodlines ». Mais pourquoi ? Quelles sont les différences entre ce standard du XIXème et celui en vigueur aujourd’hui ?

D’abord, à la fin du XIXème siècle, les races n’étaient pas du tout fixée et la différence entre barbet ou barbet d’arrêt et griffon ou griffon d’arrêt n’était pas encore claire.  De plus, le « standard » établi par M.de Coninck en 1894, ne peut être considéré comme un document officiel, mais plutôt comme une indication sur l’aspect de ces chiens à l’époque.

Le premier véritable standard du barbet date de 1954, le voici :

 
           

   

            Cette fois, il s’agit bien d’un document officiel FCI.

Comparons ces documents : existe-t-il de grandes différences entre eux comme le prétendent  les défenseurs de la « old Bloodlines » ?

 

 «Those of us who have signed the BREEDERS’ CHARTER for the AUTHENTIC BARBET believe in the 1894 standard written for a Griffon Barbet. “ … “some radical changes were made to the breed and its appearance and to the standard” E.Fichter ( http://chiensdeau.free.fr/BarbetenBresse/)

            Non, ce texte est presque le même mot pour mot. Il suffit de le lire pour s’en rendre compte.  Voici maintenant le standard en vigueur depuis 2006 -

http://clubbarbetlagotto-chienseau.fr.gd/Standard.htm - et vous constaterez qu’il est bien plus détaillé. Cependant, il n’y a pas de différences fondamentales, il a été étoffé par des qualificatifs plus explicites  afin  d’être mieux compris par tous.

Le barbet reste un chien au poil long laineux frisé, au bras et au cou fort, à la poitrine large et bien développée.  Où sont donc les grands changements dont certains parlent ? Le seul vrai changement concerne la taille, puisqu’elle n’était pas précisée en 1894. Cependant, le poids était précisé : 30kg. On peut dès lors supposer qu’un chien de ce poids n’était pas trop petit. La taille reprise aujourd’hui dans le standard actuel est de 58 cm à 65 cm pour un mâle…

Comme nous l’avons expliqué plus haut, le standard suit l’évolution d’une race, et celui du barbet à connu 5 versions.  A titre de comparaison, le standard du berger allemand a été modifié 7 fois  http://www.eleveurs-online.com/standard,chiens,berger-allemand.html

 Le standard du barbet, entre 1894 et aujourd’hui n’a donc pas connu de changements radicaux. Il s’est simplement étoffé afin de suivre l’évolution de la race et d’être mieux compris par chacun. Pourquoi, les membres de la « Old Bloodlines « prétendent ils suivre les critères de 1894 , et non ceux d’aujourd’hui, si ce sont les mêmes ?

Bonne question, nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses. Ce qui est sûr, c’est qu’il est plus valorisant et vendeur de prétendre produire des chiens selon le standard de 1894 que selon celui de 2006.  Plan marketing ? C’est possible, mais ce plan peut être destructeur pour une race à petit effectif.

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   Voici un document repris  sur le site de l’élevage « Barbet en Bresse » (http://chiensdeau.free.fr/BarbetenBresse/), et l’usage que l’auteur en fait ! 

« Of course there were births...just like in any(rare) breed!!!!!!!Go tell the Braque St Germain that they don't exist!Or the famous Braque du Bourbonnais..tell M Comte, whose father worked on its survival. Bien sûr, il y avait des naissances ... comme dans n'importe quelle race (rares)! Allez dire ça aux Braques Saint-Germain qu'ils n'existent pas! Ou le fameux Braque du bourbonnais …Of course, there's more where that came from.May 10th 1941. Bien sûr, il y a - mai 1941-. And yes, they reproduced. Et oui, ils ont reproduit…I was just keeping them for the right time. These dogs were all over France and did not all get exterminated during the war. ces chiens étaient partout en France, et n'ont pas tous été exterminés pendant la guerre." 
 


           

L'interprétation du document nous impose quelques remarques:

1/ Le document de saillie qui nous est présenté date de mai 1941. Que nous apprend t- il ? Que Beseff de Floirac aurait été saillie par un mâle X un 25/01 d’une Y année. Et que son propriétaire, Mr. Le Houelleur en a laissé une trace écrite en 1941. Nous pouvons donc en déduire  que Mr. Le Houelleur était bien vivant en 1941.  Malheureusement, c’est à peu près tout. En effet, ce document n’étant pas présenté dans son ensemble, nous ne pouvons pas savoir quand Besef a été saillie, ni par quel mâle.

 De plus, ce document a-t-il était validé par la SCC ? Si non, il n’a aucune valeur officielle. Les éleveurs font des tas de projets pour leurs portées et peuvent très bien les noter, cela ne veut pas dire qu’ils ont eu lieu. Ces projets ne deviennent officiels que lorsqu’ils ont été validé par la SCC, car celle-ci  est le garant de l’histoire du Barbet. 

2/ Sur ce document, normalement, à coté de « pédigrée  » l’on doit inscrire le nom du chien et à côte de « race » la race du chien. Pour la race, pas de problème : « Barbet ». Mais, à coté de « pédigrée «  on peut lire Barbette. Est-ce la race ? Ca serait étonnant, puisqu’elle est précisée plus bas. Le nom du chien ? Impossible, puisque Beseff est née en 1927, l’année des « B » et que Barbette commence par un « B ». Beseff aurait eu une fille l’année de sa naissance et son éleveur ne l’aurait déclarée que 14 ans plus tard ? Peu probable… Peut être est ce le nom d’usage de la chienne « Barbette », mais sur base du document, nous ne pouvons l’affirmer.            

3/ La date de saillie est incomplète : le 25/01… mais l’année n’est pas lisible. Par contre l’année de la signature du document  est claire : mai 1941. Nous savons que Beseff est née le 19/08/1927, en 1941 elle avait donc 14 ans. Aurait- elle été saillie à 14 ans ? En tout état de cause, à la  SCC seuls deux  descendants de Beseff ont été enregistrés :  Iff de Floirac et Hourrie de Floirac. Les derniers descendants de ces chiens enregistrés à la SCC datent de 1937. Il n’y a pas de barbets enregistrés à la Société Centrale Canine  entre 1939 et 1966 !

4/ L’auteur nous explique pour quoi, selon elle, ces chiens n’étaient pas enregistrés officiellement auprès de la SCC :

« Tout simplement parce que, comme nous le savons tous, après la Seconde Guerre mondiale, comme toute guerre, on peut avoir voulu sauver le peu d'argent que vous avez pour nourrir votre famille et de ne pas inscrire les chiens. How ridiculous can some people be? » 

L’auteur parle de l’élevage Di Reiau de Prouvenco de Mme Pêtre, dont les premiers chiens produits sont nés  en 1983. Mais, il n’est pas obligatoire d’avoir un affixe pour produire des chiens. Les parents de ces chiens nés en 1983 sont Treck et Joyeuse. Qui sont eux même issus de chiens entrés à titre initial, c’est à dire dont les origines sont inconnues.   http://www.pawpeds.com/db/?a=p&id=784236&g=4&p=bar&date=iso&o=ajgrep

L’enregistrement le plus ancien de ces chiens au près de la SCC date de 1966, avec  Phebee/Dolly. Soit plus de 20 ans après la fin de la guerre. Il est vrai que la guerre fut une période tumultueuse et difficile, mais si les descendants de ces  chiens existaient  vraiment, fallait- il attendre  tant d’années après la guerre pour les enregistrer ?

Nous en revenons toujours au même point : le Barbet été une race éteinte entre 1939 et 1966. La race à été reconstruire dans les années 1970 par quelques passionnés. Aucune lignée actuelle de Barbet ne peut se prévaloir d’être plus ancienne qu’une autre.

Quant aux races telles que le Braque St-Germain ou du Bourbonnais, nos connaissances personnelles ne sont pas suffisantes sur le sujet pour nous permettre une quelconque affirmation. Nous préférons laisser ça aux éleveurs de ces races


  La Charte «  French Water Dog » : http://kula.ndl.pl/wp-content/uploads/Club-Barbet-Francais-International-multisignature-14_04_2010.pdf

Ce  document a été signé par 20 personnes, à travers le monde. Bien sûr, c’est très peu au regard de l’ensemble des barbetiers du monde, et chacun est libre de marier ses chiens comme il le souhaite. Mais alors, quels sont les problèmes qui nous poussent à nous opposer à cette coalition ?

1/Le texte commence par « The Barbet Français is an old French breed threatened  with extinction”, traduction: Le Barbet Français est une veille race française menacée de disparition . Le terme Barbet Français est un pléonasme : le standard du Barbet étant détenu par la France. De ce fait, tous les barbets sont Français. Pourquoi, ne parlent ils donc pas de barbets, tout simplement ? Et pourquoi tous les éleveurs n’ont-ils pas accepté de signer cette charte ?

Tout simplement parce que les signataires de cette charte ne prétendent pas défendre tous les barbets, mais seulement certains… Lesquels ? Les Français bien sûr ! C’est à dire ceux descendant d’une lignée « pure » , ceux de l’élevage di Reiau de Prouvenco…ou de la « Old bloodlines ».

Les signataires de cette charte sont persuadés que les barbets de Mme Pêtre descendent, en autres, de Hourrie de Floirac (1933). D’ailleurs, une Hourri a bien donné des chiots en 1995 et 1999 ! Quel prodige, de longévité pour une chienne : 62 ans ! Et bien non, désolé,  les miracles n’existent pas.

Il existe deux  Hourri(e), une Hourri  sans « e », et une Hourrie avec « e ».

La Hourrie de 1933 a bien donné des chiots en en 1935 et 1937 ( élevage du Mas de la Chapelle), dont Joyeuse qui a eu des chiots à son tour en 1936, mais la lignée s’arrête là. Il n’y a pas eu de chiens enregistrés entre 1939  et 1966 à la Société Centrale Canine.  Cette lignée s’arrête donc en 1937.

Mais, voici comment les défenseurs de la « Old bloodlines » ont résolu ce « petit problème » ,  pour que la théorie puisse être crédible  :

 L’élevage du Mas de la Chapelle appartenait au père de Mme Pêtre, et celle-ci  aurait continué la lignée entre 1937 et 1992, sans inscrire ses chiens au LOF ! Problème résolu, et plus besoin de papiers « officiels » !  Mais comment croire que cette dame, qui a été élevée dans la culture cynophile, qui a vu son père inscrire ses chiens au LOF, qui sait qu’elle possède les derniers représentants officiels de la race n’ait pas inscrit ses chiens au LOF. C’est un peu facile...  Mais revenons à la Charte.

2 /Revenons à la Charte. Les signataires s’engagent à  « construct an accurate pedigree database of all known dogs , based on facts and known information. This database will only be used by the club members, and corrected only if acceptable proof can be given. This will help establish accurate inbreeding percentages. Communicate openly, honestly, and transparently about our dogs, breeding plans, etc. for the good of the breed. » Traduction: « Construction d'une base de données précise avec les  pedigrees de tous les chiens connus, basée sur des faits et des informations connues. Cette base de données ne sera utilisée que par les membres du groupe, et corrigée que si la preuve acceptable peut être donnée. Cela aidera à établir des pourcentages exacts de consanguinité.
Communiquer ouvertement, honnêtement et de façon transparente sur nos chiens, des plans d'élevage, etc… pour le bien de la race. » Une base de données basée sur des documents sérieux ? Quelle bonne idée ! On pourrait ainsi avoir les descendants de tous les barbets !

Mais cette base de données existe déjà, suivez ce lien :http://www.pawpeds.com/db/?p=bar&date=iso. Pourquoi ne plait elle pas aux signataires  de cette charte ? Parce qu’elle s’appuie sur les pédigrés OFFICIELS, et que pour eux tous les pédigrés sont faux. Vrais ou faux ? Ce n’est pas à nous de juger . Ce qui est sûr, c’est que la SCC ou la FCI enregistre les pédigrés  déclarés par les éleveurs. Et nous,  nous nous en tiendrons à  la version officielle. Les pédigrés officiels de la SCC nous paraissent être une base sérieuse, beaucoup plus en tout cas que des oui - dire.

On peut se demander sur quoi les signataires de cette chartre vont baser leur bas de données, et quel crédit peut on lui apporter ? En plus, «  Cette base de donnée ne sera consultable que par les membres ». Au moins, comme ça, il ne risque pas de rencontrer une opposition ! Pourquoi la garder secrète si elle est si sérieuse ?

La base de données basée sur les pédigrées est, quant à elle, ouverte et consultable par tous. C’est ce qu’on appelle la transparence. Pour des éleveurs qui veulent « Communiquez ouvertement, honnêtement et de façon transparente sur nos chiens, des plans d'élevage, etc,  pour le bien de la race. «  avouez que c’est assez risible ! Quelle transparence ! Mais le pire des dangers n’est pas là.

-          3/ Dans une race à petit effectif, trouver des « bons » chiens compatibles avec les siens n’est pas chose facile. Il faut faire attention aux hanches (dysplasie), au taux de consanguinité et enfin à l’épilepsie. Alors, si certains éleveurs décident de ne plus accepter de saillie avec tel ou tel chien, parce que l’éleveur n’a pas signé la charte, ou parce que le chien n’est pas d’une lignée «  pure », ça complique encore les choses.

C’est malheureusement ce que nous connaissons aujourd’hui. Ainsi, l’élevage du Bois des Buis s’est vu refuser une saillie pour leur femelle Etta. Madame Fichter a refusé que Compay II saillisse Etta, et en plus, a fait pression sur la maitresse de Caya pour qu’elle refuse elle aussi cette saillie. Motif : Etta est Suisse ! 

Mais  pourquoi les éleveurs d’Etta avait choisi Compay et Caya, et pourquoi trouvons nous dommage que ce mariage ait échoué ? Tout simplement, parce qu’il affichait  un taux de consanguinité très faible :3,12 % sur 4 générations,  et moins de 10% sur l’ensemble des générations. 

Et pourquoi s’inquiète-t-on autant du taux de consanguinité ?

Nous nous préoccupons beaucoup du taux de consanguinité parce que nous sommes dans une race à effectif faible. Et, que dans cette race , comme dans toutes les autres, il y a des problèmes de santé dont l’épilepsie qui est d’origine génétique. Plus le taux de consanguinité augmente plus le risque de maladie héréditaire augmente. « Sous l’effet de la consanguinité, la fréquence de l’affection augmente car il existe de nombreux sujets porteurs dans la population » Prof Denis, Génétique et sélection chez le chien, p120 , paragraphe : Anomalie autosomale récessive . Et cette politique s’oppose complètement à celle que préconisent les signataires de cette charte : « work on issues of the Barbet Français » traduction : »travailler aux problèmes de la race »..

Rassurez- vous, Etta a trouvé un beau prince charmant en la personne d’Eno Da Capo. Le mariage affiche un taux de consanguinité de 4,69 % sur 4 générations, et moins de 10% au total des générations.

Par contre, aux Pays-Bas, le récent  mariage entre  Ashley et Chouffe :   http://www.barbetclub.com/ rubrique , « Dekmeldingen », dont  l’éleveur est signataire de cette charte présente un  taux de consanguinité de 10,9% sur 4 générations, et 21,1 % sur l’ensemble des générations. Il faut savoir qu’un mariage à 25% revient à marier un demi-frère avec sa demi- sœur, nous en sommes pas très loin (21%). Nous espérons que des maladies héréditaires, ou un pelage hors standard ne ressortiront pas...

 Notre démarche n’est pas motivée par des raisons personnelles, encore moins parce que « nous n’aimons pas certains chiens »  ! Nous regrettons simplement cette Charte parce que nous pensons qu’il n’est pas bon pour une race à faible effectif de se voir ainsi amputée d’une partie de ses représentants.

En fin de compte, c’est la race qui est perdante.


  

 


 
   
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